mardi, mai 09, 2006

Ruines et Fantômes


La fusillade croisée qui part du château ne fait pas reculer les assaillants d'une semelle. Ils tombent. Mais leur dernier cri est : en avant ! et les survivants avancent. Tout à l'heure, corps à corps, ils combattront avec les Suisses, avec les gentilshommes déguisés. Leur torrent furieux va tout emporter.
Ils ont atteint la grande entrée, ils s'engouffrent dans les tuileries, ils frappent, ils trouent, ils tuent. On se bat partout, dans les escaliers, dans les galeries, dans la chapelle ; on dispute, on conquiert le palais marche par marche, dalle par dalle. Du sang partout. Des blessés partout. Les Suisses, morts ou vivants, sautent par les fenêtres.
Le palais entier, sous ce beau ciel bleu, a l'air en flammes. A travers la fumée, les uniformes rouges des pauvres fuyards appellent les balles. Les balles sifflent sous les marronniers dont les feuilles tombent et dont le tronc saigne. Sous les arbres, les Suisses effarés, s'enfuient et meurent.Ils se sont groupés auprès du petit bassin, ils battent en retraite, massés, vers le bassin octogone.
A chaque pas, la petite troupe est moins compacte.
Un homme tombe la tête fracassée, un moribond râle, jette un dernier regard à ce ciel, à ces arbres, à tout ce qui est la vie, et songe, agonisant, aux lacs tranquilles, aux montagnes vertes, aux soirs pacifiques de son canton républicain.
Le Ranz des vaches revient à ses oreilles qui n'entendront plus, et lui fait oublier la Marseillaise.
Soldat mercenaire, pauvre paysan de Lucerne ou d'Unterwald, qu'es-tu venu faire ici ?
Jules CLARETIE

2 Comments:

At samedi, 30 septembre, 2006, Blogger Snipereira said...

Cher monsieur je trouve cet article très touchant.
J'aimerais d'ailleurs soutenir son auteur sur sa dernière phrase.
"Qu'est tu venu fair ici?"
A cette question la réponse va de soi connaissant le statut de mercnaire de ces hommes.
Ils venaient chercher une vie meilleure.
Eux les paysans de Suisse qui vivant auparavant dans les mêmes onditions que ceux de France mais qui ont décidé que leur vie de par leur nationalité valait mieux que celle des paysans Francais.
Mais fâce à la mort et fâce à Dieu nous sommes tous égaux.
Alors pourquoi glorifier ces hommes qui se sont dressé devant les autres malgré la bontée de Dieu?
J'aime a savoir que la Suisse est un pays républicain au momment de la révolution.
Il y a quelque peu d'ironie dans la situationd'un roi contraint d'avoir recours a des républicain pour préserver sa monarchie!
merci de votre attention.

 
At lundi, 01 octobre, 2007, Anonymous Anonyme said...

Monsieur (snipereira), sachez que Louis XVI n'a nullement été contraint comme vous le dite d'avoir recours à des républicains pour préserver sa monarchie. Les suisses étaient au service du Roi de France depuis 1494, et n'ont donc pas été appelés ponctuellement pour sauver sa monarchie. De plus ils furent les seuls à rester fidèles au Roi lors de l'attaque des tuileries. Le régime républicain de la Suisse n'a rien à faire dans ce débat, les suisses étantt les meilleurs mercenaires du monde, il est normal qu'on se soit à l'époque assuré de leur service auprès du Roi.

cordialement

G. GRANIER

 

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